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considéraient que les patients en état végétatif/non répondant ressentaient efectivement la douleur. Ce résultat n’est pas anodin, car d’autres chifres révé- laient une réticence beaucoup plus afr- les décisions relatives à la fn de vie ou à mée chez les professionnels de la santé à l’administration d’analgésiques aux patients arrêter les traitements de maintien en vie en état de conscience altérée s’appuient chez les patients qui sont jugés capables davantage sur des évidences médicales. » de percevoir la douleur par rapport à Épaulée par le FNRS, la neuropsycho- ceux censés ne pas l’éprouver. logue a travaillé à la conception d’un Je voudrais « Une meilleure information du personnel modèle biopsychosocial de la douleur et créer un soignant s’impose quant à la distinction des émotions chez le patient en état de conscience altérée. Ce modèle prend la entre l’état végétatif/non répondant et l’état laboratoire de conscience minimale caractéristique forme d’un arbre décisionnel relatif à la dédié à l’étude de sujets incapables de suivre de manière fn de vie, fruit d’une approche multidisci- plinaire et multimodale. consistante des instructions simples, des questions mais qui ont néanmoins une conscience relatives à la fuctuante de leur environnement, estime La conscience de soi Athena Demertzi. Notre souhait est que conscience de Se prononcer sur l’état de conscience de soi et à l’identité personnes incapables de communiquer personnelle. (patients gravement cérébrolésés, sujets sous anesthésie) demeure une gageure pour les praticiens. L’évaluation clinique de ces personnes se fonde traditionnellement sur l’examen de leurs réponses motrices à l’aide d’échelles comportementales. Même avec une échelle sensible et standardisée, le taux d’erreur demeure important (plus de 30% chez les patients avec des troubles de la conscience, par exemple). Aussi le déve- loppement de marqueurs de conscience objectifs irréfutables est-il indispensable. Dans le cadre d’un post-doctorat, Athéna émigre à Paris en 2014, où elle travaille jusqu’en 2017 dans l’équipe du professeur Lionel Naccache, de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière. Elle y mène diférentes recherches en lien avec la conscience de soi, avant un retour à Liège, cet automne 2018, en tant que Chercheuse qualifée FNRS au sein du GIGA - Consciousness. « Je voudrais y créer un laboratoire dédié à l’étude des questions relatives à la conscience de soi et à l’identité personnelle », précise-t-elle. Athena Demertzi compte aujourd’hui environ 70 publications à son actif. Riche de sa parenthèse parisienne, qu’elle a refermée pour des choix de vie privée, Athena Demertzi s’apprête à aborder à Liège un nouveau tournant de sa carrière de chercheuse. Elle aime la psychologie et la physique, mais aussi écrire. Elle apprécie également la lecture d’essais et de romans – en particulier les classiques - FNRS.NEWS 114 - OCTOBRE 2018 russes et grecs ainsi que les œuvres de Marguerite Yourcenar. « Et puis, il y a les livres sur la politique nationale ou interna- tionale, ajoute-t-elle. N’oubliez pas que je suis intéressée depuis toujours par l’étude des comportements humains... » 23 — Philippe Lambert —
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