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90 ANS Sophie Lucas Une fabuleuse liberté Professeur en immunologie du cancer à l’UCL depuis 2016, Sophie Lucas a quitté le FNRS après cette ‘académisation’. « Sauf qu’on ne quitte pas le FNRS ! À mes débuts, j’étais loin d’imaginer l’infuence qu’il allait avoir sur ma carrière ! » « J’ai commencé la médecine avec l’idée m’a pris cinq ans : dans les sciences cherches du FNRS, que j’ai partiellement de faire de la clinique, et puis je me suis expérimentales, on a souvent besoin utilisée pour aller faire un postdoctorat rendu compte que j’étais beaucoup plus d’un peu plus de temps que les autres ! en Californie… » Mais, dès son retour, attirée par les aspects fondamentaux de Nous avions comme projet d’identifer de la chasse aux fnancements reprend. la science. » Sophie Lucas s’en ouvre à nouveaux antigènes de tumeurs, selon « Qu’on le veuille ou non, c’est elle qui Thierry Boon, son professeur d’immu- une approche radicalement différente de rythme nos carrières. Nous devons nous nologie, dans le laboratoire duquel elle celle adoptée jusque-là. Au lieu de partir battre constamment pour fnancer non envisage de réaliser une thèse de docto- des lymphocytes pour tenter de défnir seulement nos recherches, mais aussi rat, et c’est de lui qu’elle apprend un des les antigènes qu’ils reconnaissaient, nos salaires, et c’est parfois très angois- aspects les plus inattendus et frustrants nous avons pris comme point de départ sant. Moi-même, entre 30 et 40 ans, j’ai de la recherche : l’obligation de recher- les gènes codant les antigènes tumo- commencé à me sentir pressée par le « Parce que je cher avant tout… des fnancements. « Il raux déjà identifés par Thierry Boon, en temps : j’avais une famille à faire vivre, un m’a encouragée à solliciter un mandat espérant découvrir d’autres gènes avec suis une femme d’Aspirant au FNRS. J’avais entendu par- le même profl d’expression, et trouver désir de stabilité, j’en avais assez d’être sur la corde raide. À un moment donné, dans un milieu ler de cette institution par mon père, pro- ensuite des lymphocytes reconnaissant alors qu’il ne me restait que quelques fesseur à l’Université de Namur, mais je les antigènes codés par ces gènes. L’ap- essentiellement ne me rendais pas compte que, pour un plication de cette technique de génétique mois de fnancement et que je ne voyais masculin, ma scientifque, elle constituait une source de inverse était le sujet de ma thèse… » pas la lumière au bout du tunnel, j’ai sérieusement envisagé d’opter pour le fnancement capitale ! » carrière a été un La lumière au bout du privé, ou même de changer radicalement peu plus lente. » Génétique inverse tunnel d’orientation. Mais, grâce à Thierry Boon, Son mandat d’Aspirant – deux ans renou- Ce premier succès l’encourage à conti- qui m’encourageait à trouver ma propre velables – lui permet presque de boucler nuer. « J’ai obtenu successivement un voie dans la recherche, grâce aussi au sa thèse dans le domaine de l’immu- contrat de collaborateur scientifque via le soutien de mes pairs seniors, j’ai tenu le nologie des tumeurs. « Finalement, elle Télévie, puis une bourse de Chargé de re- coup, et je m’en réjouis tous les jours ! »
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