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90 ANS Françoise Meunier Jamais sans la recherche ! Ancienne ‘directeur général’ (et non ‘directrice’, elle y tient !) et actuelle ‘director special projects’ de l’EORTC*, Françoise Meunier se défnit elle-même, non sans humour, comme un « guide Michelin de la recherche clinique en cancérologie ». Une expertise à laquelle le FNRS n’est pas étranger. « Quand j’étais « Quand j’étais jeune médecin, je me maladies infectieuses chez les patients cine. C’est pourquoi j’ai sollicité et ob- jeune médecin, voyais mourir à Bordet en tant que chef atteints d’un cancer. tenu un mandat du FNRS. J’avais donc un mandat clinique pour m’occuper de clinique et cette perspective me je me voyais réjouissait… » Même les Etats-Unis, où Maître de recherche des malades et, en parallèle, un mandat mourir à elle a effectué, grâce à des bourses de « Peu de gens le savent, mais, dans les FNRS pour continuer mes recherches sur l’OTAN, Fulbright et de la Fondation Rose années 1970-1980, ces patients, qui les infections fongiques. J’ai commencé Bordet en tant et Jean Hoguet, deux ans de recherche étaient immunocompromis à cause de comme Aspirant et, en 1990, j’ai été que chef de au célèbre Memorial Sloan Kettering la chimiothérapie, mouraient beaucoup nommée Maître de recherches. » clinique et cette Cancer Center à New York, ne réus- d’infections, tant bactériennes que sissent pas à la retenir. « C’était tentant, fongiques. Je m’intéressais particuliè- 30 secondes de réfexion perspective me mais ma flle était née pendant mon rement à l’émergence des maladies À 42 ans, Françoise Meunier est donc chef réjouissait… » Research Fellowship, et je ne voulais pas fongiques, qui étaient redoutables. » Le de la Clinique des maladies infectieuses la priver de la richesse et de la diversité FNRS lui permet d’effectuer les recherches et du Laboratoire de microbiologie à l’Ins- de la culture européenne. À un enfant, nécessaires à sa thèse Invasive candidia- titut Jules Bordet, et son rêve de jeune il faut donner des ailes, mais aussi des sis in cancer patients, puis de rester dans médecin semble en bonne voie de réali- racines : l’un ne va pas sans l’autre ! » le monde académique en mélangeant, sation. C’est alors qu’un de ses anciens Elle revient donc à l’Institut Bordet pour comme elle le souhaite, la clinique et la professeurs lui suggère de postuler à la terminer sa spécialité en médecine recherche : « À l’Institut Bordet, il n’y avait direction de la European Organisation for interne – à l’époque, l’oncologie médi- pas de place pour une nomination déf- Research and Treatment of Cancer. « J’ai cale n’existe pas – et sa thèse sur les nitive dans le cadre du service de méde- réféchi… 30 secondes ! avoue-t-elle.
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