Page 28 - FNRSNEWS 111
P. 28
ECOLOGIE - ROBOTIQUE « La prise de décision collective est un élément Autonomie maximale inopérantes ; les ondes sonores sont essentiel du projet. » Comment vont-ils s’y comporter ? « Le but voraces en énergie et en outre diffciles est que les robots collectent les données à utiliser à cause des interférences. Pour et dans une certaine mesure les agrègent, la communication entre robots, les cher- les synthétisent, les analysent et à partir de cheurs se rabattent donc sur l’utilisation Les moules et les poissons peuvent en courant. En surface, elles ont aussi la là prennent leur décision : vont-ils rester de lumière modulée (un code morse effet diffcilement être contactés par les possibilité de contacter les nénuphars où ils sont car il y a des événements suff- lumineux) et surtout, étudient la possi- chercheurs puisqu’ils sont sous l’eau. qui sont conçus pour les transporter vers samment surprenants pour continuer leur bilité d’utiliser des champs électriques Ils doivent donc apprendre à ne pas un autre lieu et les recharger si elles le travail ou tout est-il normal ? Dans ce der- comme le font par exemple les poissons attendre d’instructions de la part des demandent. Les nénuphars n’ont pas de électriques. Des champs qui devraient nier cas, ils prennent ensemble la décision permettre aux robots de communiquer humains pour agir. capteurs environnementaux et servent de de se déplacer vers une nouvelle zone. » entre eux mais aussi d’interagir avec « On peut envoyer de temps en temps relais vers les chercheurs puisqu’ils sont explique Alexandre Campo quelques commandes pour récupérer de toujours en surface. l’environnement et donc décider de leur Mais l’eau est un milieu peu propice aux attitude. La prise de décision collec- l’information, confrme Alexandre Campo, Les poissons ont les mêmes capteurs communications. Les ondes radio sont tive est un élément essentiel du projet. mais l’essaim est conçu pour être auto- que les moules (la mesure de la teneur nome et réaliser seul les tâches qu’on en oxygène en plus) mais ils sont lui a confées. » mobiles. Ils explorent un environnement, agrègent des informations et dès qu’ils Ici la moule, j’appelle le rencontrent une moule, ils récupèrent nénuphar… l’information et l’utilisent comme repère Concrètement, les moules bardées spatial. La manière de laisser les pois- de capteurs restent sur le fond de la sons se déplacer est un autre intérêt du lagune mais ont la faculté de remonter projet et est toujours en discussion. Sous en surface et de se laisser porter par le l’eau, il est diffcile de se localiser, il n’y a DÉCISION UNANIME ? La conception des logiciels de comportement est le cœur du projet subCULTron. Les algorithmes qui sont à la base du comportement des robots sont bio-ins- pirés dans ce sens que, comme chez les fourmis ou les blattes, l’essaim de robots fonctionne sans unité de contrôle centrale. Des algorithmes permettent à l’essaim d’avoir conscience de la situation de chacun de ses membres et de prendre des décisions collectives. Mais sur quelle base  ? Faut-il que toutes les situations individuelles soient d’un même type pour qu’une décision soit prise, ou seulement certaines de Dr Alexandre Campo, ULB (troisième à partir de la gauche) et ses collègues ces situations ? Et dans ce cas, une majorité ? Ou une minorité peut-elle suf- italiens en compagnie de deux robots moules et un robot poisson fre ? « Nous étudions toutes les possibilités, précise Alexandre Campo. Dans certains cas, cela peut être important de garder des dissidents. Par exemple pour faire de nouvelles découvertes à un endroit qui n’a pas été exploré. Si une majorité penche pour une option, l’ensemble peut s’y rattacher mais on peut aussi donner plus de poids à certains si on estime qu’ils ont une information plus pertinente. »
   23   24   25   26   27   28   29   30   31   32   33